Les voyages:

Macaronésie 2

Le premier tronçon est Lisbonne-Porto Santo.


Quelques 510 milles avec une moyenne de 6 nœuds. Trois nuits avec des quarts de trois heures. Malgré notre vitesse nous avons pêcher. Sars (la bonite à dos rayé sarda), Dorados (dorade coryphène)
et thon nous ont fait le plaisir de mordre à nos poulpes de plastique. En fait le thon adore les appâts de couleur rouge! Allez savoir pourquoi? Nos invités furent rapidement transformés en sashimi ou en filets à griller.
Porto Santo est une petite île Portugaise abritant quelques 4000 âmes. Au contraire des Açores ou de Madère, Porto Santo offre un panorama désertique. La seule verdure sont les deux terrains de golf. Par contre les plages de sable fin sont bien agréables tout comme  la température de l’eau, en comparaison bien sur avec la côte atlantique continentale.
Il y a quelques spots de plongée qui valent la peine. Le niveau du tourisme  est émergeant mais les pelleteuses vont transformer brièvement cet îlot en destination de “rêve” d’ici peu . Heureusement que certaines restrictions semblent avoir étés établies pour ne pas construire de tours.
La marina est rudimentaire et les cafards apprécient les douches! Toutefois les locaux sont sympas et les pécheurs locaux sont chaleureux. Si vous aimez la plongée sous marine adressez vous à Rodrigo et Joana de Porto Santos Scuba
, un couple qui a quitté leur vie d’employés à Aveiro (ville située à 50 kilomètres de Porto) afin de transformer leur passion en profession. Avant de quitter la marina, il est indispensable de peindre sur le quai le nom du bateau, les noms de l’équipage et la date.
Nous avons choisi un beau poteau afin d´être repérés jour et nuit!



Notre deuxième étape nous mène a Madère, à la marina Quinta dos Lordes. Six heures de navigation pour arriver dans un petit port récemment construit qui va se transformer en mega projet immobilier. Mais c’est de bon goût. En plus l’accueil est étonnant. Avant d’arriver un marinier vient avec son super hors bord vous indiquer de quel bord vous devez préparer vos défenses, puis vous précède pour vous indiquer votre place. Il ne manque que le gin et tonic ! Qui en fait ne tarde pas.

Et comme nous voyagions avec un groupe de 15 voiliers membres de ANC (Association Nationale des voiliers) nous avons droit à une réception avec petits fours et vin de madère, obviously!
Le lendemain, une visite de Funchal, qui fête ses 500 ans de sa fondation, fut programmée. Connaissant bien cette ville (ma dernière visite fut il y a 10 mois pour le passage de la Mini transat afin de stimuler l’unique participant Portugais,  Franscisco Lobato), nous avons
sauté cet acte  officiel et avons découvert l’intérieur de l’île. Impressionnants sont les anciens cratères! Tout comme leurs brochettes que l’on suspend  sur les tables, sans parler d’un punch fait à base de tomate. Il me faut également parler de ce “aguardente” de corne, alcool qui comme son nom l’indique est vieilli non pas en fûts mais dans une corne de bœuf!  Madère est donc à découvrir mais attention aux virages, surtout pendant la digestion.


Troisième étape… les Canaries avec Las Palmas comme  premier arrêt.

Les trois cents milles sont rapidement avalés avec un vent Nord Est de 25 nœuds. Avec Raymond (notre auto-pilote Raymarine) à la barre la vie est un peu monotone il est vrai et la pêche peu fructueuse. Rien de tel donc pour hisser notre spi asymétrique, qui sort tout neuf de sa chaussette. Pour passer le temps nous conversons avec les autres bateaux et je suis à l’affût des nouvelles concernant le terre-neuve qui voyage sur un catamaran nommé “Boa Ideia”. C’est la première expérience hauturière de cette chienne qui a résisté 54 heures avant de faire son premier petit pipi! Pedro, son heureux et fier propriétaire dépensa une fortune au téléphone satellite avec le vétérinaire afin de  “stimuler” son chien.

Comme nous ne sommes que deux avec de longs quarts, mes qualités culinaires se sont réduites au minimum sinon mon invention de faire un spaghetti au chile con carne. Effets secondaires assurés!

Le trajet est toutefois est toutefois interrompu par le passage par les îles “Selvagens” (30º09’N - 015º52’W). Ce territoire portugais est comme on peut le deviner très sauvage. En fait cette petite île est une réserve naturelle et si l’on veut s’y attarder il faut une autorisation préalable. Vu l’état de la mer, avec des vagues de trois mètres et l’inexistante de ponton nous ne ferrons pas de halte. Il faut dire qu’un appel dramatique d’un autre voilier du groupe nous a quelque peu étourdi du spectacle des côtes de l’île. Le skipper de l’Alize, qui avait barré depuis plus de trente heures sans l’aide de son pilote qui avait rendu l’âme, était au bord du gouffre. Heureusement que sa femme savait manier, au moins, la radio ce qui a permit à un membre d’un autre voilier de les rejoindre. Un accostage en haute mer avec ce type de vague ressort des performances du Cirque du Soleil!


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