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Macaronésie 3

Finalement, la Marina de Las palmas en vue. Un ponton nous est réservé. Le plus lointain des sanitaires bien sûr! Une plage y ait attenante mais la qualité de l’eau ne m’inspire pas car le port marchand la jouxte de l’autre côté.  Le café “the Sailors Bar” mérite le détour, non pas par la bière “Tropical” que l’on vous y sert (juste bonne en Shandi, mélangée avec du 7Up) mais pour l’ambiance qu’il y règne. La wifi gratuite fait que les clients y restent des heures et débattent tout autant sur les bulletins météo. Notez que la jeune femme de ménage qui y travaille tôt le matin est l’heureuse propriétaire d’un splendide Hanse 45.
Rien de tel pour se refaire la caisse de bord après une première étape de le tour du monde.

Grâce à cette charmante jeune femme de nationalité belge (cela faisait longtemps que je n’avais pas pratiqué ma seconde langue nationale, le Flamand) j’ai découvert une charmante “plage” au Nord de l’île, à 12 Kms de la marina. En fait il s’agit d’une saline avec ses piscines naturelles. Le naturisme étant autorisé sur n’importe quelle plage en Espagne (c’est dans la constitution, mais il ne faut choqué personne…) je me suis donc revêtu de mon plus beau costume , tout comme la majorité des baigneurs. À ce détail prêt que j’avais oublié ma crème solaire, ce qui m’a valu  un beau coup de soleil.

A part cet endroit idyllique je n’ai trouver aucun autre site sur l’île qui puise me faire rêver. Je me demande ce que les Nordiques apprécient en ces tours de béton qui longent la côte et qui vous empêche de voir le rivage. Après boulot – dodo - boulot, c’est piscine – cocktail - piscine. Comme on dit, chacun son truc. Mais c’est triste de voir comment une île peut être défigurée de cette manière. Comme si les Espagnols n’avaient pas appris la leçon de la Costa Brava! Heureusement que la côte Nord, avec ses hautes falaises n’a pas, et pour cause, été attaquée par les constructeurs - destructeurs.
La rencontre avec un splendide voilier Polonais, venant  du Maroc, nous indique que
le temps se durcit et qu’ils ont souffert force 8 à 9! Ce qui ne les empêche pas de m’offrir un verre de vodka après les avoirs aidés à amarrer. Ne voulant pas trinquer seul, ils ont insisté à ce que je vide mon verre rapidement. Ce verre fut immédiatement rempli passant de main en main, ou mieux de bouche en bouche, de tout l’équipage de quoi vider une bonne bouteille.

Demain nous devons partir pour Lanzarote. Mais mon équiper reçoit un coup de téléphone de son frère qui l’avise que leur père vient de décéder. La tradition au Portugal voulant que l’enterrement ait lieu le lendemain du décès, j’emmène João à l’aéroport de Las palmas, prendre le premier vol Spanair pour Madrid. Le même vol, en sens contraire, qui moins d’un mois plus tard coûta la vie à 154 passagers.

Je largue donc les amarres sans mon équiper mais avec Pedro, le valeureux skippeur qui avait déjà sauvé la mise de l’Alize. Direction Lanzarote. Mais dû à un vent de proue de plus de trente nœuds, ou plutôt à la mal disposition de l’épouse de l’organisateur de la croisière, nous faisons halte à Morro del Jable sur l’île de Fuerteventura. Ce petit port à la particularité d’être peu profond, ce qui obligea un bateau à attendre la marée pour en sortir, et d’avoir un ponton sans sortie, ce qui veut dire que vous avez besoin d’un dinghy pour aller à terre!

Particularité également c’est le fait de devoir marcher trente minute pour arriver au village. Et surtout allez souper avant sept Heures car tour est un désert à partir de 10 Heures. Le bronzage fatigue!

Malgré tout la petite plage jouxtant le port me laissera un bon souvenir au petit matin et ma rencontre avec Yannick et Nadine du voilier Gigouille fut bien sympathique. Imaginez rencontrer un Ovni 385 acheté également chez Grassi à la Rochelle. Cela fait des bons sujets de discussion. Ils retournent vers Las Palmas car vu le temps, ils ont désisté de se rendre à Lanzarote.

Nous avons donc “filer” versa cette île, à 3 nœuds de moyenne, navigant au moteur. C’est peu dire!


Par contre la Marina de Porto Calero vous fait oublier rapidement les difficultés encourues pour y arriver.
Du cinq étoiles. Un accueil exceptionnel, le tout orchestré par Mel, une charmante anglaise. Des restaurants de qualité, un supermarché, shipchandlers,  sans oublié des sanitaires impeccables et les boutiques Armani, Ralf Loren, … sans oublié Helly Hansen (ouf).
Lanzarote est une île volcanique que j’avais déjà visité il y a quelques années. Je la trouve très belle. Malgré le peu de végétation, son paysage lunaire composé de lave est minimaliste et inspire la médiation. Je ne suis pas étonné que l’écrivain Portugais, José Saramago, Prix Nobel de Littérature, y trouve la quiétude pour écrire ses romans. Eloignez-vous des zones
touristiques, chameaux y compris et vous trouverez des sites spectaculaires, comme les salines. La réserve naturelle offre de belles plages qui même en août ne sont pas trop surpeuplées. Heureusement que les touristes low costs, avec leurs tatouages et leur cannette de bière ne loue pas de voitures! La plage naturiste de Papagaio reste fidèle à elle-même bien que l’arrivée d’un énorme
catamaran de ”toutous” qui ont droit chacun à un petit (trois minutes!) tour de jet ski en passager, vous détruit pour une bonne heure votre zen.


Notre voilier est prêt pour le départ vers le Maroc. João est revenu du Portugal et retrouve son bateau et nous embarquons Rui, qui venu retrouvé ses amis de la Wilma n’a pas eu l’occasion de naviguer bien loin car cet Amel a connu également une avarie et restera au port. Cette recrue fut la bienvenue car João a un profond mal de mer. À croire que l’intervalle d’une semaine sans navigation lui a fait perdre ses repaires.

Le vent se fait sentir à nouveau, et cette fois c’est un Westerly qui souffre: un hauban
du Laska vient de rendre l’âme et oblige le retour au moteur pour Lanzarote. Pedro, le skippeur du Catamaran Boa Ideia, décide également de faire demi-tour, en guise de solidarité et pour porter éventuellement assistance. C’est un geste noble, bien que je doute de son entière véracité dans le sens où un cata dans ce type de vent de face n’est pas vraiment à son avantage. Malgré toutes les théories de notre ami. Nous ne sommes plus que six voiliers…


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